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Togo: achats de fournitures, paiement de la scolarité…, des parents d’élèves de plus en plus tendus à quelques semaines de la rentrée scolaire

A moins d’un mois de la rentrée scolaire 2026-2027, la rédaction de votre journal edunews a fait une descente sur le terrain à Lomé et dans le Togo profond , à la rencontre des parents d’élèves et élèves de la basse et moyenne classes dans leurs préparatifs pour la reprise des classes prochaine. Inquiétude et tristesse sont facilement lisibles même de loin sur le visage de bon nombre de ces braves femmes et hommes , producteurs, transformateurs et animateurs majoritaires des marchés formels et informels du Togo

Bienvenue dans l’immersion descriptive du monde hyper stressé des parents d’élèves de la basse et moyenne classe dans leurs préparatifs et de celui des élèves en pleins jobs de vacances à quelques semaines de la rentrée scolaire 2026-2027.

Jeudi, 13 août 2026. Il est 08 heures 30 minutes TU à Lomé. 25° au dehors . Ciel couvert avec une sensation de fraîcheur qui se dissipe peu à peu au fur et à mesure que le soleil monte.

Dans les quartiers, le long des principales artères et des rues fortement marchandes, les dernières boutiques s’ouvrent et dévoilent à l’intérieur comme à leurs devantures, des marchandises présentant des apparences de tristesse, faute de preneurs fréquents .

Un regard fugitif sur les gestionnaires de ces boutiques et vous ne lirez souvent, même dans le pénombre des comptoirs de la caisse de ces lieux, que de la mélancolie et de l’inquiétude sur la plupart des visages.

Dans les marchés, l’atmosphère n’est pas différente. Même chez les revendeuses de produits maraîchers ou agricoles, la situation n’est pas meilleure. Les prix des marchandises freinent les ardeurs des clients qui font les achats à minima. Le caractère périssable de certaines denrées de ces revendeuses rendent l’atmosphère plus tendue chez elles surtout vers le soir lorsque les stocks ont peu diminué.

Les agressions verbales à peine voilées, les insultes silencieuses, les jurons à voix basse, des regards en coin et autres sont de plus en plus fréquents lorsque les négociations d’achats-ventes ne sont pas concluantes.

Vers seize heures, il est recommandé ces temps-ci de savoir parler dans les marchés lorsqu’on y va pour acheter quelque chose..

Certaines phrases reviennent régulièrement lorsque vous engagez une discussion avec des commerçants qui acceptent d’échanger avec vous sur le sujet. << Il n’y a plus de marché. Les choses sont devenues très difficiles. On ne sait où est parti l’argent. Il n’y a plus d’argent. On ne vend pratiquement plus rien. Mais, on a des taxes à payer, le loyer nous regarde chaque fin de mois avec un air sans pitié. La mairie, l’OTR et les micro-finances aussi sont à nos trousses. La rentrée scolaire est proche. Nous ne savons comment faire pour assurer cette rentrée aux enfants. A cause de cette situation, le stress est permanent malgré nos efforts pour l’éloigner >>.

Pour certains parents d’élèves aux reins peu solides qui inscrivent leurs enfants dans les établissements scolaires privés laïcs ou confessionnels et ceux qui ont des enfants qui viennent de décrocher leur BAC II, la situation n’est pas seulement difficile ni compliquée, elle est surtout complexe.

Après une journée entière d’observation sur le terrain à Lomé, nous avons décidé d’aller dans le Togo profond pour les mêmes enquêtes.

Direction, Kpélé-Elé, Morétan, Bassar et Bombouaka avec l’aide de nos correspondants dans certaines localités.

A Kpélé, Samedi 15 août 2026. Le marché a une animation particulière. Jour de fête et de retrouvailles avec l’arrivée d’un grand nombre de la diaspora. Mais, derrière les apparences festives, le sentiment d’inquiétude et le stress tant bien que mal cachés ne sont jamais loin chez bon nombre de personnes rencontrées.

Les mauvaises récoltes à cause des caprices du climat et de la cherté des intrants agricoles, les incursions des bœufs dans les champs entraînant la destruction de pans entiers de champs de maïs, de maniocs et autres récoltes laissant des cultivateurs victimes dans le désarroi total car leurs plaintes n’ont souvent pas trouvé d’issues favorables. Ces facteurs anthropiques et naturels constituent les principaux maux qui enlèvent souvent le sourire d’entant au visage de ces braves femmes et hommes de ces milieux.

Les élèves adolescents avec qui nous avons échangé par rapport aux préparatifs de la rentrée scolaire déclarent que cette année paraît pire que les années précédentes. Le prix du maïs est bas, et beaucoup de cultivateurs n’arrivent pas à honorer leurs engagements lorsque vous allez travailler dans leurs champs comme métayers. Les caprices du climat et les ravages des bœufs sont également évoqués comme éléments perturbateurs d’une bonne préparation de la rentrée scolaire prochaine.

<< Les jobs de vacances en ville sont si rares et souvent très peu rémunérateurs que plusieurs qui étaient partis dans les grandes villes sont revenus déçus. Seuls quelques chanceux et ceux qui ont des parents bien assis en ville y sont restés >> affirme Mawuli, élève en classe de terminale.

A Morétan, Bassar et Bombouaka, les situations sont presque les mêmes que celle de Kpélé-Elé.

Dans certains villages de Sotouboua, ce sont des destructions de récoltes par des éléphants qui sont signalées.

<< A Lomé et dans certaines grandes villes, la plupart des jeunes élèves vacanciers, vendeurs à la sauvette, crient au secours. << On a parlé en vain. Les gens ne veulent pas acheter ou ils achètent très peu. On ne sait quoi faire. Or, il n’y a personne pour nous acheter les fournitures. C’est nous mêmes qui devons le faire. Mais voilà. On ne vend presque rien >> nous lance Sylvie, une revendeuse ambulante de petits articles divers.

Les filles qui sont recrutées par certaines sociétés pour la promotion des produits pendant ces vacances se plaignent également. Bon nombre d’entre elles se livrent des fois à des comportements peu recommandables malgré elles à la demande de certains clients juste pour bénéficier des largesses financières.

Dans les bars, les servantes, quelle que soit leur gentillesse, reçoivent de moins en moins de pourboire rendant cette activité plus pénible.

La prostitution, la délinquance, le désir ardent de migrer vers l’extérieur du pays, la recherche des opportunités de gains faciles circulent de plus en plus dans le milieu des jeunes.

Sur les routes, moindre faux pas, ce sont des kilogrammes d’insultes que tu reçois de partout. Tendus. Ils sont nombreux, très nombreux, ces parents d’élèves en milieux urbains, semi-urbains et ruraux à être tendus à moins d’un mois de la rentrée scolaire 2026-2027.

Certains salariés de l’Etat ou du privé ont déjà commencé par faire des dépôts de dossiers auprès de leurs banques respectives pour des prêts scolaires afin de pouvoir affronter la situation avec plus de dignité. Quelques uns parmi eux profitent pour dégager des marges de manœuvres dans les fonds de ces prêts pour régler de petits problèmes familiaux et effectués certains travaux de logement.

Malgré cette situation très difficile, ces togolais trouvent toujours le sourire quand il le faut pour honorer leur Dieu ou pour témoigner sans le savoir, le fort humanisme qui est en eux de même que la résilience dont ils peuvent faire preuve.

Pascal S

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