CEDEAO : à Lomé, les parlementaires ont plaidé pour une meilleure adéquation entre éducation et besoins socio-économiques

A Lomé, s’est ouverte hier, la réunion délocalisée du comité conjoint du Parlement de la Communauté Economique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) consacré à l’éducation, à la science et à la culture, ainsi qu’à la santé et aux télécommunications et technologies de l’information.
Placée sous le thème « Renforcer l’alignement des programmes éducatifs sur les besoins socio-économiques de la région de la CEDEAO », cette rencontre réunit parlementaires, responsables gouvernementaux, experts, enseignants, parents, étudiants et partenaires du secteur privé autour d’un objectif commun : repenser les systèmes éducatifs ouest-africains pour mieux répondre aux réalités économiques contemporaines.
La rencontre a été présidée par l’honorable Hadja Mémounatou Ibrahima, Présidente du Parlement de la CEDEAO, représentante du président de l’Assemblée nationale. Plusieurs personnalités dont des membres du gouvernement ont pris part à l’ouverture des travaux, marquant ainsi l’engagement des autorités nationales en faveur d’une transformation durable du système éducatif.
Dans l’allocution de circonstance, la Présidente du Parlement, a souligné que l’éducation constitue le socle de toute nation prospère. Selon elle, les défis actuels — notamment les mutations technologiques, l’inadéquation entre formation et marché de l’emploi et la diversification des économies — imposent une refonte profonde des programmes éducatifs dans l’espace communautaire.
L’oratrice a rappelé que l’éducation n’est plus seulement un droit fondamental, mais également un levier stratégique pour la souveraineté intellectuelle, économique et sociale.
Elle a insisté sur la nécessité d’aligner les curricula sur les réalités socio-économiques afin d’anticiper les compétences de demain, de promouvoir l’innovation et de renforcer l’enseignement technique et professionnel.
Un tel repositionnement, a-t-elle indiqué, permettra de réduire le chômage des jeunes et de transformer le potentiel démographique de la région en véritable dividende économique.Les autres intervenants ont abondé dans le même sens et ont également souligné l’importance de l’harmonisation des politiques éducatives dans l’espace CEDEAO, conformément aux cadres juridiques existants.
Au cours de la rencontre, plusieurs communications et sessions interactives sont prévues afin d’approfondir la réflexion. Ces échanges permettront aux parlementaires, enseignants, étudiants, parents et autres participants de mieux comprendre plusieurs enjeux majeurs : la nécessité de repositionner les diplômes pour garantir leur pertinence économique à l’échelle régionale ; l’identification des secteurs économiques clés qui stimulent le développement ; l’importance croissante des compétences numériques et des compétences vertes ; ainsi que la promotion de l’entrepreneuriat comme voie professionnelle viable pour la jeunesse.
Les discussions porteront également sur la mobilité régionale et les opportunités transfrontalières, considérées comme des leviers essentiels pour favoriser l’intégration régionale tout en prévenant l’exode des compétences hors de l’Afrique de l’Ouest.
Au-delà des débats, cette réunion se veut un cadre de concertation et d’orientation stratégique pour les politiques éducatives de la région.
L’ambition affichée est de former une jeunesse qualifiée, innovante et compétitive, prête à relever les défis du développement durable et de l’intégration régionale.
Les travaux devraient aboutir à des recommandations concrètes destinées à renforcer la pertinence des programmes éducatifs et à faire de l’éducation un moteur central de croissance, d’emploi et de prospérité pour l’ensemble de l’espace.
Pascal S.



