Togo: Introduire l’artisanat dans l’enseignement général comme matière fondamentale

Le système éducatif togolais a connu ces dernières années, d’importantes mutations significatives tant au niveau des programmes enseignés, du conducteur pédagogique adopté, de ses capacités d’accueil et la qualité de l’enseignement donné.
De la maternelle en terminale, les programmes sont actualisés et le conducteur pédagogique APC (Approche Par les Compétences) remplace l’APO (Approche Par Objectifs). Des recrutements massifs ont été faits pour renforcer le personnel enseignant et d’encadrement. Des efforts sont également faits pour renforcer la capacité d’accueil et améliorer la gouvernance du système renforçant ainsi la qualité de l’enseignement.
Malgré toutes ces réalisations, le défi reste énorme.
Dans l’enseignement général, un constat est clair : après 13 années d’études avec des succès réguliers, le jeune scolaire qui obtient son baccalauréat deuxième partie ne sait pratiquement rien faire. Rien. Même l’expression française est un problème pour bon nombre parmi eux.
Il devient alors une nécessité de revoir les matières enseignées, les manières de les enseignées et les ouvertures qu’elles proposent aux jeunes scolaires.
Il n’est plus un secret pour personne que le système scolaire actuel ne favorise pas l’éclosion des talents comme cela se doit. Des matières imposées comme fondamentales qui n’apportent rien de concret à beaucoup d’apprenants doivent nous interpeler.
Une réforme courageuse et ambitieuse s’impose.
Introduire des métiers de l’artisanat et l’agriculture dans le programme comme matières fondamentales.
Et le choix des métiers de l’artisanat et de l’agriculture à introduire dans l’enseignement général dépendra des milieux et les réalités qui les caractérisent.
Les milieux ruraux, les milieux urbains, les savanes, les forêts, les plaines inondables, ….détermineront les métiers de l’artisanat et de l’agriculture à retenir au vu des atouts et opportunités qu’ils présentent pour les jeunes qui les choisissent en lien avec les réalités socio-économiques et culturelles du milieu.
Dans les savanes par exemple, l’élevage, le tissage de pagne traditionnel, le maraîchage, l’énergie éolienne et solaire… peuvent être retenus parmi les matières fondamentales.
Dans la région des plateaux Ouest, la culture du café, du cacao et leur transformation, la culture de palmier à huile, le tourisme, le reboisement et l’industrie du bois….. peuvent figurer parmi les matières fondamentales des apprenants de cette région.
Et ainsi de suite.
Des prospections peuvent être faites pour dresser des listes consistantes de matières de l’artisanat et de l’agriculture à intégrer au programme selon les régions, zones et milieux.
La pâtisserie, la haute couture, la coiffure, la conduite, la cuisine et autres peuvent intéresser des apprenants des grandes agglomérations du pays.
Nous y reviendrons
Pascal S.



