Education: « L’ETFP dual à l’ère du numérique » au coeur d’un atelier régional à Lomé

Une cinquantaine d’acteurs de l’enseignement technique et de la formation professionnelle de six pays ouest africains se sont réunis ce lundi 21 septembre 2026 dans la salle de conférence de l’IFAD Bâtiment à Lomé et ce, pour 04 jours, dans le cadre d’un atelier régional de réflexion et de partage d’expériences sur comment rapprocher davantage la formation professionnelle des besoins du marché du travail tout en préparant les jeunes aux transformations numériques.
La cérémonie d’ouverture de cet important rendez-vous pour le sous secteur enseignement technique et formation professionnelle s’est déroulée en présence du ministre de l’éducation nationale Mama Omorou, de l’ambassadeur de la République d’Allemagne au Togo Stefan Anton Messerer, et de Léna DIOP WATT, spécialiste du programme « Formation et insertion professionnelle des jeunes » à l’Institut de la Francophonie pour l’éducation et la Formation (IFEF) basé à Dakar, un organe subsidiaire de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

Comme souligné plus haut, les participants viennent de six pays à savoir le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Mauritanie, le Niger, le Nigeria et le Togo. Ils représentent notamment les administrations publiques, le secteur privé, les établissements de formation professionnelle, les chambres consulaires, les organisations professionnelles ainsi que les partenaires techniques et financiers.
Placé sous le thème « L’ETFP dual à l’ère du numérique », l’atelier se déroule du 21 au 24 septembre 2026 et permettra aux participants de partager leurs expériences, travailler sur des outils concrets et réfléchir à leur adaptation aux différents contextes nationaux. Ainsi, durant les 04 jours, ils travailleront sur les points suivants.
Renforcement de l’implication du secteur privé dans la formation professionnelle
Le premier axe de travail porte sur le renforcement de la coopération entre les acteurs publics, les établissements de formation et le secteur privé. Les participants travailleront notamment sur la mise en pratique d’un guide développé par le DC dVET pour renforcer l’implication du secteur privé dans la formation professionnelle duale. L’objectif est de confronter les expériences des différents pays et d’adapter les outils proposés aux réalités nationales. La dimension pratique occupera une place importante dans les travaux. Une visite de la Plateforme Industrielle d’Adétikopé (PIA) permettra aux participants de compléter les échanges en salle par une immersion sur le terrain et d’observer concrètement les liens entre développement des compétences, besoins des entreprises et insertion professionnelle.
Mieux suivre l’insertion professionnelle des diplômés
Le deuxième axe est le suivi du parcours des jeunes après leur formation. Les participants travailleront sur Inser jeune, un outil développé avec l’appui de l’OIF-IFEF pour contribuer au suivi de l’insertion professionnelle des diplômés. Une meilleure connaissance des parcours d’insertion permet notamment d’apprécier l’adéquation entre les formations proposées et les réalités du marché du travail et peut contribuer à mieux orienter les politiques et dispositifs de formation professionnelle.
Préparer l’ETFP aux transformations liées à l’intelligence artificielle
Le troisième axe de l’atelier porte sur la transformation numérique de la formation professionnelle. Dans ce cadre, le Togo soumettra à validation sa politique nationale d’intégration de l’intelligence artificielle dans l’ETFP. Les échanges permettront d’aborder les opportunités offertes par les nouvelles technologies, mais également les nouvelles compétences nécessaires pour préparer les jeunes aux évolutions du monde du travail.
Prenant la parole lors de la cérémonie d’ouverture, Mme Léna DIOP WATT, au nom de l’Institut de la Francophonie pour l’éducation et la Formation (IFEF), un organe subsidiaire de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) déclare << Le développement des compétences et l’insertion professionnelle des jeunes, exigent des partenariats solides, des outils adaptés et une capacité permanente d’innovation >>.
Pour l’Ambassadeur d’Allemagne au Togo, Stephan Messerer, « Les métiers changent, les compétences recherchées par les entreprises évoluent et, avec la transformation numérique et l’intelligence artificielle, cette évolution s’accélère encore. Face à ces transformations, notre défi est de faire en sorte que la formation professionnelle continue à préparer efficacement les jeunes aux réalités du marché du travail. »
Dans son discours d’ouverture de l’atelier régional, le ministre Mama Omorou déclare que << Le Togo a choisi de transformer son ETFP en profondeur, avec vous, avec le secteur privé, et non pour le secteur privé. C’est tout le sens de cet atelier régional >>.
Discours du Ministre Mama Omorou Vidéo.
Plus loin, le ministre fait savoir que << L’ETFP dual n’est pas une option pédagogique. C’est une stratégie de souveraineté nationale. Souveraineté économique, parce qu’un pays qui ne forme pas les compétences dont son industrie a besoin reste dépendant. Souveraineté sociale, parce qu’une jeunesse sans insertion est une promesse de fracture. Souveraineté numérique, parce que nous devons maîtriser l’intelligence artificielle, et non la subir. Cette doctrine est au cœur de la vision du Président du Conseil et de la Feuille de Route Gouvernementale 2026-2031 : Protéger – Rassembler – Transformer >>.
Toujours dans son allocution, le Ministre Mama Omorou a tenu à exprimer la profonde gratitude au Gouvernement et aux partenaires historiques : la Coopération allemande à travers ProEmploi+ et ProCOMP, l’OIF, l’IFEF, l’UNESCO, l’AFD, et l’expertise pointue du DC dVET.
<< Votre présence ici valide le positionnement du Togo comme hub régional crédible de la formation en alternance >> a-t-il indiqué.
Il a également salué avec la même force, les entreprises, les chambres consulaires, les organisations professionnelles.
<< Vous êtes la deuxième jambe du dual. Sans vous, il n’y a pas d’alternance. Avec vous, il n’y a pas de chômage des jeunes >> a affirmé le Ministre Mama Omorou avant de lancer un appel aux participants: << Au terme de cet atelier, je n’attends pas trois rapports. J’attends trois livrables politiques: un guide d’engagement privé contextualisé et applicable, des scénarios opérationnels Inser jeune prêts à être déployés, une politique nationale IA-ETFP enrichie, prête à être assumée >>.






Pascal S.


