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Les Lycées Scientifiques au Togo: genèse, mission et évolution

Au Togo, un Lycée Scientifique est un établissement scolaire d’excellence de l’enseignement secondaire menant au baccalauréat scientifique.

Il se concentre principalement sur les matières scientifiques pour former les meilleurs élèves du pays dans les domaines des sciences, des mathématiques et de la technologie.

Jusqu’à l’heure où nous rédigeons cet article, l’admission aux lycées scientifiques se fait sur concours ou sélection très stricts réservés aux meilleurs élèves ayant obtenu brillamment le Brevet d’Etudes du Premier Cycle (BEPC). Souvent, la moyenne requise est celle supérieure ou égale à 14/20.

Genèse des Lycées Scientifiques au Togo.

Les différents gouvernements qui se sont succédé à la tête du Togo après la proclamation de l’indépendance, ont initié des projets éducatifs pour l’assainissement du secteur. C’est dans cette dynamique qu’est née l’initiative de la réforme de l’enseignement au Togo qui a abouti à l’adoption d’un texte appelé la Réforme de l’Enseignement au Togo. L’ordonnance N°16 du 06 mai 1975 est le texte fondateur de cette réforme.

C’est ce document qui sert de fondement juridique général pour la restructuration des offres de formation au Togo.

Cette réforme de l’enseignement au Togo a pour principes directeurs, « rendre l’école nouvelle réellement démocratique et offrir les chances égales à tous les citoyens ». La réforme a remplacé le système éducatif hérité de la période coloniale par une « école nouvelle » plus ancrée dans les réalités culturelles, sociales et économiques du pays.

<< Ce projet était une opportunité pour le Togo d’asseoir véritablement les bases d’une éducation assainie et pérenne. Il avait apporté sa touche à l’organisation des Etats généraux de l’éducation que j’avais présidés. A la suite de la réforme de l’éducation de 1975, ces Etats généraux avaient réitéré une fois de plus des aspects de la reforme non appliqués. Le problème du Togo et peut –être de l’Afrique, c’est la non application des textes… >> affirmait Dossèh Tèttèkpoé le 19 décembre 2021 lors d’un entretien.

Depuis cette réforme de l’enseignement au Togo en 1975 dont les principes directeurs étaient de « rendre l’école nouvelle réellement démocratique et d’offrir les chances égales à tous les citoyens », jusqu’aux années 1990, la banque mondiale, avait financé deux projets dans le domaine de l’éducation au Togo. Il s’agit du Projet –Education Banque Mondiale I et Education Banque Mondiale II.

Le premier projet avait un double objectif. Il était question d’aider le Togo à améliorer la qualité de l’enseignement primaire et à former une main d’œuvre qualifiée pour assurer le développement du secteur agricole. Il a été financé par l’Association Internationale pour le développement (en Anglais IDA), une filiale de la BM au moyen d’un crédit à hauteur de onze millions de dollars, signé le 15 septembre 1980 .

Cinq années plus tard, le deuxième projet a vu le jour. Le deuxième projet dont l’accord de financement est rentré en vigueur le 28 février 1985, avait pour objectif d’améliorer la qualité de l’enseignement et la gestion de l’éducation. Il a été financé à 12,4 millions de dollars par l’IDA . Il avait permis la formation et le recyclage des instituteurs et le démarrage de la fourniture des documents, notamment des livres aux élèves.

Ce sont ces deux projets qui d’ailleurs ont pour base juridique, la réforme de l’enseignement de 1975 qui ont permis à la volonté de création des lycées scientifiques de prendre véritablement corps afin de permettre au Togo de palier au problème du déclin des effectifs des séries C4 dans les lycées d’enseignement général et de disposer de viviers solides de jeunes bacheliers hautement scientifiques capables d’alimenter les filières scientifiques et technologiques de l’université de Lomé.

C’est ainsi que le premier Lycée scientifique, celui de Lomé a fonctionné déjà au cours de l’année scolaire 1990-1991 sous le magistère du talentueux ministre de l’éducation nationale et de la recherche scientifique d’alors, Tchaa-Kozah Tchalim. Ce Lycée scientifique était logé au lycée de Tokoin. Les dortoirs des élèves étaient au bâtiment H du lycée de Tokoin.

Missions des lycées scientifiques au Togo

A leur création, les lycées scientifiques avaient pour mission de former de solides viviers de Bacheliers hautement scientifiques qui alimenteront les écoles, instituts et facultés de sciences, de santé, de mathématiques, technologie et ingénierie de l’université de Lomé. Ils avaient également pour opportunités de décrocher des bourses d’études internationales pour aller se faire former dans divers domaines à l’étranger afin de revenir contribuer à la construction et au développement du pays. Ainsi, le Togo compte régler le problème de déclin des effectifs des séries C4 dans les lycées d’enseignement général.

Les Lycées scientifiques promeuvent également l’excellence et renforcent les compétences en sciences et technologies au Togo.

La mise en place d’une caisse d’avance pour son internat par un arrêté de fin 1990 publié en janvier 1991 a définitivement entériné ce projet avant qu’il ne traverse la période des turbulences sociopolitiques et de revendications de l’année 1991. Ces troubles sociopolitiques ont précocement mis fin à ce projet de Lycée scientifique.

Le Journal officiel du 1er janvier 1991

Dans cette atmosphère politique délétère avec la mise en place d’un gouvernement de transition dirigé par Joseph Kokou Koffigoh, le projet PAGED a vu le jour avec l’appui financier de la Banque Mondiale. Mais très vite, le projet PAGED (Projet d’Appui à la Gestion de l’Education) a été un échec durant la transition (1991-1993) et donc n’a pas pu permettre la réouverture du lycée scientifique de Lomé.

Réouverture et évolution des lycées scientifiques au Togo

En 2005, après le décès du Général Gnassingbé Eyadéma, le corps électoral du Togo est de nouveau convoqué pour les élections présidentielles anticipées.

Candidat à cette élection, Faure Essozimna Gnassingbé, pour sa campagne électorale, avait élaboré un document appelé les 20 +.

Dans ce document , il était question de la réouverture des lycées scientifiques.

C’est dans cette lancée que sous le magistère du ministre des enseignements primaire et secondaire Komi Sélom Klassou, l’arrêté N°044/MEPS/CAB pris le 06 juin 2005, institue une commission chargée de réfléchir sur la réouverture des Lycées scientifiques. Cette commission est subdivisée en trois sous-commissions à savoir la sous-commission infrastructures et équipements; la sous-commission programmes, formateurs et équipements pédagogiques et la sous-commission textes fondamentaux et conditions administratives.

La réouverture des Lycées scientifiques avait toujours pour but de régler le problème de manque d’effectifs dans les classes de la série C4 des lycées d’enseignement général. Année après année, les effectifs des séries C4 devenaient de plus en plus faibles par rapport aux autres séries dans le général.

Il était question de créer des établissements scolaires d’excellence de l’enseignement secondaire général menant au baccalauréat Scientifique où seront recrutés les meilleurs élèves ayant obtenu le BEPC pour être formés dans des conditions optimales. Le fait de les regrouper en un seul lieu et de leurs créer des conditions plus appropriées pour les apprentissages les amènent à se jauger davantage, à donner le meilleur d’eux-mêmes et à cultiver l’excellence.

Avec les conditions d’apprentissage plus adaptées, ils obtiennent plus facilement de bonnes notes dans les matières scientifiques et décrochent le plus souvent leur baccalauréat avec des profils véritablement scientifiques.

Après le baccalauréat, les élèves des lycées scientifiques sont invités à s’orienter principalement vers les écoles, instituts et facultés de sciences, de santé, mathématiques, technologie et ingénierie. Ils sont également très bien positionnés pour décrocher des bourses d’études à l’internationale.

Pour le moment, aucun texte officiel disponible ne donne des privilèges particuliers dans l’enseignement supérieur aux bacheliers issus des Lycées scientifiques.

Toutefois, avec la création de l’Ecole Nationale Polytechnique de Lomé et celle de Kara, l’ouverture effective de l’université de Datcha avec ses offres de formation principalement orientées vers la technologie, l’ingénierie, la santé et l’agriculture, les possibilités de formation offertes par les universités publiques du Togo qui cadrent avec les profils de sortie des élèves des lycées scientifiques se multiplient et se diversifient conformément aux ambitions affichées du pays en la matière.

La création et l’ouverture dès la rentrée scolaire 2026-2027 de cinq nouveaux Lycées Scientifiques à cycle complet dotent désormais chaque région éducative d’un Lycée Scientifique.

Dans cette même dynamique, la création et l’ouverture dès la rentrée prochaine de 16 collèges scientifiques, une première dans le système éducatif togolais, préparent le système éducatif à mettre à la disposition du pays, suffisamment de scientifiques bien formés pour porter valablement la transformation du Togo en apportant des solutions concrètes , innovantes et endogènes aux problèmes que rencontrent les populations pour leur épanouissement.

Le ministre actuel de l’éducation nationale Mama Omorou accorde une attention particulière au renforcement du fonctionnement des lycées scientifiques existants et ne ménage aucun effort pour la création d’autres lycées et collèges du même genre mais plus pratiques et plus robustes avec l’acquisition de nouveaux équipements pédagogiques adéquats pour ces établissements scolaires d’excellence.

La création de cinq nouveaux Lycées scientifiques et la création de seize collèges scientifiques dès cette rentrée ne sont pas le fruit d’un hasard. C’est une véritable exécution d’un plan de formation de scientifiques que porte le ministère de l’éducation nationale.

Pour tous ces collèges et lycées scientifiques, les équipements pédagogiques et les ressources humaines formées pour les besoins de la cause sont déjà disponibles.

Les création des Fablabs et le recrutement des enseignants pour l’animation de ces Fablabs donneront un souffle nouveau principalement à ces collèges et lycées scientifiques de même que les classes des séries C4 dans les établissements scolaires d’enseignement général.

Pascal S.

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