Togo/éducation : l’indiscipline au mât: un défi pour les administrations scolaires

L’indiscipline au mât est un phénomène de plus en plus croissant auquel font face les administrations dans de nombreux établissements scolaires aussi bien du privé que du public au Togo. Quelles sont les causes, les manifestations et les conséquences de ces actes d’indiscipline sous l’un des symboles de la République dans un centre de formation ? Quelles peuvent en être les solutions ?
Tous les matins, dans les établissements scolaires, le traditionnel rituel de la montée des couleurs est respecté. D’abord, les élèves se mettent en rangs par classe à des endroits indiqués par les Conseillers Pour l’Education (CPE). Ensuite, le drapeau est monté par des élèves désignés ou des élèves scouts pour certains établissements et l’hymne national est presté soit par la chorale, soit par une classe désignée à cet effet.
Et c’est l’occasion pour l’administration de communiquer solennellement des informations ou de passer des instructions.
Cependant, force est de constater que durant le processus, il y a des élèves qui, dans les rangs, taquinent, bavardent, révisent, mangent, causent, se mettent dans des postures non recommandables, et parfois, se déplacent de rangs en rangs.
Parfois, il arrive que certains se moquent de leurs camarades qui interprètent l’hymne national ou font des commentaires intempestifs à haute voix suite aux informations données par l’administration. Ils préfèrent discuter entre eux sous prétexte qu’ils n’entendent pas l’information.
D’autres tiennent des cahiers durant ce moment sacré sous prétexte d’apprendre. Pire, certains mangent, boivent ou grignotent dans les rangs au mât.
Souvent, parce que les CPE ne peuvent pas être partout au même moment et que les enseignants qui sont à côté ne tiennent pas leur classe, certains élèves se croient tout permis. Par ailleurs, face aux différents arrêtés et notes circulaires encadrant les interventions des enseignants en matière de maintien de la discipline, ces derniers, malgré leur volonté, se retiennent et donc limitent leurs actions.
A-t-on vraiment besoin d’un enseignant devant ou derrière soi pour se tenir en élève discipliné au mât malgré toutes les leçons d’ECM et les sensibilisations ? Non.
Les comportements d’indiscipline de certains élèves relèvent au prime abord de l’incivisme.
Le bruit produit par les bavards cause de la distraction puis les consignes et messages données au mât sont mal saisis et donc sont mal appliqués par les apprenants. Des élèves qui ont des comportements exemplaires se retrouvent souvent entraînés dans des punitions collectives de masse.
Face à tout cela, une solution directe et efficace est envisageable : écouter, dialoguer et sévir.
A l’allure où vont les choses, sévir durement après l’écoute, les échanges et les mises en garde devient incontournable. Sévir à travers une punition appropriée et donc une répression des comportements non conventionnels au mât devient la clé pour l’installation durable d’une discipline profitable à toute la communauté scolaire. L’application rigoureuse, sans complaisance aucune du règlement intérieur de l’établissement n’est plus une option. C’est une obligation. Par ailleurs, la responsabilisation des comités d’établissement et de classe afin qu’ils s’impliquent plus activement dans le maintien de la discipline au mât comme en classe devient une nécessité absolue.
La montée des couleurs et la prestation de l’hymne national sont des habitudes observées et respectées par les administrations scolaires afin d’inculquer aux élèves des valeurs citoyennes. Ces derniers sont donc tenus d’adopter des comportements responsables et bienséants.
Dans cette logique il faut plus de rigueur dans le respect du règlement intérieur ; plus de fermeté et d’anticipation de la part des CPE. Plus de collaboration entre les comités de classe, le comité de l’établissement et l’administration pour sensibiliser les apprenants, identifier les meneurs afin de les soumettre à la rigueur du règlement intérieur. Lorsque les mauvais comportements persistent ou que les bavardages deviennent insoutenables malgré les appels à l’ordre, il est recommandé de convoquer le plus souvent les parents des concernés, de les mettre au courant de la situation et de faire signer des engagements formels aux élèves en présence de leurs parents.
Celui qui récidive doit comprendre que sa place n’est plus garantie dans l’établissement conformément au règlement intérieur et aux engagements pris en présence au moins de l’un de ses parents.
L’école de la République est un temple du savoir, régi par des lois et un règlement intérieur puis exigeant de ses élèves et de l’ensemble de la communauté éducative, des comportements responsables qui favorisent le bon déroulement des activités pédagogiques et la réussite des apprenants.
Le respect du règlement intérieur et des valeurs sociales en vigueur dans la communauté n’est pas négociable.
Tant vaut l’école, tant vaut la nation.
La rédaction du club journal du Lycée Bè-Klikamé.



